Le portrait de l’emploi au Québec met en lumière des réalités régionales contrastées. Les régions où la fabrication occupe une place importante dans l’économie affichent généralement des reculs d’emploi plus marqués, alors que les régions ressources et celles où les services publics jouent un rôle structurant continuent de bénéficier de moteurs de croissance qui atténuent jusqu’ici les effets des tensions commerciales.
L’inflation est demeurée relativement stable en août au Canada et au Québec. Si les prix de l’énergie continuent d’exercer une pression à la hausse, les données ne montrent toujours pas de propagation généralisée de ces hausses au reste du panier de consommation.
- Alexandra Lareau, conseillère et économiste chez Mallette
Un recul de l’emploi concentré dans les industries productrices de biens
Entre août 2025 et août 2026, l’emploi au Québec a diminué de 0,9 %. Cette baisse provient essentiellement du secteur des biens (-3,0 %), plus spécifiquement de l’agriculture, de la construction et de la fabrication.
Une résilience régionale inégale face aux tensions commerciales
L’évolution de l’emploi à l’échelle provinciale révèle des écarts entre les régions.
Les reculs les plus marqués ont été observés en Mauricie, et au Centre-du-Québec. À l’inverse, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec, l’Estrie, et Montréal ont enregistré les plus fortes progressions de l’emploi.
Les résultats observés font ressortir certaines tendances déjà mises en lumière par l’indice de vulnérabilité aux tarifs douaniers américains, illustrant l’importance de la structure économique régionale.
En effet, les régions où le secteur manufacturier occupe une place importante dans l’économie affichent généralement un recul de l’emploi plus important (Mauricie, Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches), tandis que les régions ressources et celles où les services publics jouent un rôle plus structurant semblent bénéficier de moteurs de croissance capables de contrebalancer, au moins en partie, leur vulnérabilité face aux tensions commerciales (Côte-Nord, Abitibi-Témiscamingue). Ces résultats rappellent que la composition industrielle demeure un facteur déterminant dans la capacité des régions à absorber les chocs économiques.
Dans un contexte marqué par les tensions commerciales et les transformations sectorielles, les régions bénéficiant d’une plus grande diversification économique ou de secteurs porteurs sont mieux positionnées pour faire face aux changements en cours.