Comment identifier les risques en entreprise?

Publié le 30 déc. 2025
Stratégie d'affaires

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Identifier les risques en entreprise est une étape incontournable pour assurer la sécurité, la conformité et la performance durable d’une organisation.

En combinant méthodes proactives et approches réactives, les dirigeants peuvent développer une vision globale des risques, qu’ils soient physiques, opérationnels, financiers ou technologiques.

Pourquoi identifier les risques est essentiel pour votre organisation?

Au Québec, l’identification et la prévention des risques constituent une obligation légale encadrée par la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) et supervisée par la CNESST. Chaque employeur a le devoir de repérer, évaluer et contrôler les dangers présents dans son milieu de travail, afin d’assurer la sécurité et la santé de ses employés.

Cette responsabilité ne repose pas uniquement sur la direction, mais doit être partagée entre les gestionnaires, les superviseurs et les travailleurs. L’implication de tous favorise une meilleure compréhension des risques réels sur le terrain et renforce la culture de prévention au sein de l’organisation.

En intégrant également les partenaires externes (fournisseurs, sous-traitants, conseillers), l’entreprise met en place un environnement de travail plus sécuritaire et conforme aux exigences réglementaires.

Les grandes familles de risques à évaluer dans une entreprise

Chaque organisation, peu importe sa taille ou son secteur d’activité, est exposée à une variété de risques qui peuvent compromettre sa performance, sa conformité ou sa réputation. Identifier ces risques dans leur ensemble permet de bâtir une cartographie complète et réaliste de vos vulnérabilités afin d’agir efficacement avant qu’un incident ne survienne.

1. Risques physiques et en santé et sécurité du travail (SST)

Ces risques concernent directement la sécurité des employés et la conformité aux exigences de la CNESST. Ils incluent les chutes, blessures, troubles musculosquelettiques, l’exposition à des produits dangereux ou encore l’utilisation d’équipements non sécuritaires.

Une prévention rigoureuse, combinée à des inspections régulières et à une formation continue, permet de réduire considérablement les accidents de travail et les arrêts de production.

2. Risques opérationnels

Les risques opérationnels touchent le fonctionnement quotidien de l’entreprise. Cela concernent les erreurs humaines, ruptures de processus, pannes de matériel, défauts de qualité ou mauvaise planification.

Ils peuvent entraîner des pertes financières, des retards ou une baisse de satisfaction client. Une documentation claire des procédures et une supervision adéquate permettent de limiter ces défaillances.

3. Risques financiers

Ils concernent la gestion et la stabilité économique de l’entreprise. Cela inclut la fraude interne ou externe, les fluctuations de trésorerie, la mauvaise gestion des coûts ou la non-conformité fiscale.

Une gestion financière rigoureuse, soutenue par des contrôles internes solides et un accompagnement professionnel, aide à prévenir les pertes et à assurer la rentabilité à long terme.

4. Risques technologiques

Dans un contexte de numérisation accrue, les risques liés aux technologies de l’information (TI) sont de plus en plus critiques. On y retrouve les cyberattaques, la perte ou le vol de données, les pannes de serveurs ou encore la non-conformité aux lois sur la protection des renseignements personnels.

Mettre en place des protocoles de sécurité informatique, des sauvegardes régulières et une sensibilisation des employés à la cybersécurité est primordial pour protéger les actifs numériques.

5. Risques RH et organisationnels

Ces risques découlent des facteurs humains et structurels. On parle ici de roulement de personnel élevé, épuisement professionnel, climat de travail détérioré, manque de formation ou de relève. Ils ont un impact direct sur la motivation, la productivité et la cohésion des équipes.

Une gestion proactive des ressources humaines, appuyée par des politiques internes claires, permet de maintenir un environnement de travail sain et performant.

6. Risques réputationnels et réglementaires

Ils concernent la perception publique et la conformité légale de l’entreprise. Une mauvaise communication, un incident environnemental ou une non-conformité réglementaire peuvent gravement nuire à la réputation et entraîner des sanctions.

Assurer une gouvernance rigoureuse, une transparence accrue et une veille réglementaire constante aide à protéger la crédibilité et la légitimité de l’organisation sur le long terme.

Les méthodes proactives pour identifier les risques

Pour gérer efficacement les risques, il faut adopter une approche proactive. Cela consiste à repérer les dangers et les vulnérabilités avant qu’ils ne provoquent un incident.

Inspections, audits et analyses de tâches

Les inspections régulières des lieux de travail et des processus constituent la première ligne de défense contre les risques. Elles permettent de repérer rapidement les anomalies et de corriger les situations dangereuses avant qu’elles ne dégénèrent.

Pour une démarche efficace, il est recommandé de :

Effectuer des visites terrain planifiées dans tous les départements.

Utiliser des grilles d’inspection normalisées pour assurer la cohérence.

Documenter systématiquement les constats et actions correctives.

Vérifier la conformité avec les exigences de la CNESST et les politiques internes.

L’analyse de tâches consiste à examiner en détail les opérations critiques afin d’identifier :

Les erreurs humaines possibles;

Les équipements mal adaptés ou défectueux;

Les conditions de travail non sécuritaires.

Enfin, les audits internes garantissent la rigueur et la traçabilité de la démarche, en validant que l’entreprise respecte les normes de sécurité, les réglementations applicables et ses propres procédures.

Consultations et participation des employés

Les employés sont souvent les meilleurs observateurs des risques réels sur le terrain. Les consulter permet de mieux comprendre les situations à risque et de renforcer leur engagement dans la culture de prévention.

Quelques bonnes pratiques :

Organiser des entretiens individuels ou des séances de brainstorming collectives;

Mettre en place un mécanisme anonyme de signalement pour encourager la transparence;

Créer des comités santé et sécurité actifs impliquant toutes les équipes.

Toutes les observations doivent ensuite être centralisées dans un registre partagé des risques, facilitant le suivi, la priorisation et la planification des actions correctives.

Analyse de la documentation existante

L’analyse documentaire complète les observations terrain en offrant une vue globale des processus internes et des risques cachés. Elle consiste à examiner les procédures, rapports, audits et bilans de sécurité pour détecter :

Des incohérences ou omissions dans les processus;

Des zones non couvertes par les contrôles existants;

Des écarts entre la théorie et la pratique observée sur le terrain.

Il est également utile d’étudier les données financières et opérationnelles pour repérer les signaux faibles, tels que :

Des retards de livraison ou taux d’erreur élevés;

Des écarts budgétaires récurrents;

Des plaintes clients fréquentes.

En croisant ces analyses avec les constats des inspections et les retours des employés, l’entreprise obtient une cartographie précise, dynamique et hiérarchisée de ses risques.

Les méthodes réactives : apprendre des incidents passés

Même avec les meilleures pratiques de prévention, aucun environnement de travail n’est totalement exempt de risques. C’est pourquoi nous vous recommandons d’adopter une approche réactive, qui vise à tirer des leçons des événements passés afin d’éviter qu’ils ne se reproduisent.

Analyse des accidents, incidents et quasi-accidents

Chaque incident, qu’il entraîne ou non des blessures, constitue une source précieuse d’information. L’analyse systématique des accidents, incidents et quasi-accidents permet d’identifier les causes profondes, qu’elles soient humaines, organisationnelles ou techniques.

Ces enquêtes internes offrent une compréhension concrète des défaillances dans les processus et facilitent la mise en place de mesures préventives ciblées.

Compilation des rapports et données de suivi

Les rapports de premiers soins, les arrêts de travail et les plaintes transmises à la CNESST doivent être recensés et analysés régulièrement. Ces données, lorsqu’elles sont centralisées, permettent de repérer les tendances récurrentes (types de blessures, lieux à risque, périodes critiques) et d’ajuster les plans d’action en conséquence.

Une attention particulière doit aussi être portée aux retours d’expérience des employés, souvent porteurs d’informations précieuses sur les comportements à risque ou les lacunes dans les procédures.

Mise en place de correctifs et suivi continu

Une fois les causes identifiées, il faut définir des mesures correctives claires et mesurables : modification des procédures, amélioration de l’équipement, formation des employés, ou révision des contrôles internes.

La création d’un registre centralisé des incidents et des mesures correctives facilite le suivi de l’efficacité des actions mises en place et favorise une culture d’amélioration continue.

Cartographier et hiérarchiser les risques

Une fois les risques identifiés, vous devez les structurer et de les prioriser. La cartographie et la hiérarchisation permettent de visualiser clairement les menaces qui pèsent sur l’organisation, d’en mesurer l’impact potentiel et de concentrer les efforts sur les enjeux les plus critiques.

La cartographie des risques

La cartographie des risques est un outil visuel qui permet de représenter les différents risques selon leur nature, leur origine ou leur zone d’impact. Elle peut être construite par processus, par service, ou par site d’exploitation, selon la structure de l’entreprise.

Cet exercice aide à mettre en évidence les liens entre les risques (par exemple, un risque technologique pouvant entraîner un risque financier ou réputationnel) et à mieux comprendre leurs effets en cascade.

La matrice de probabilité et de gravité

La matrice des risques complète la cartographie en permettant d’évaluer chaque risque selon deux critères :

La probabilité d’occurrence : à quelle fréquence le risque est susceptible de se produire?

La gravité : quel serait l’impact sur les employés, les opérations ou les finances de l’entreprise?

Chaque risque est ensuite classé selon un niveau d’importance : mineur, modéré, majeur ou critique.

Cette hiérarchisation aide à prioriser les actions à mener, à définir les urgences et à allouer les ressources de manière optimale.

Définir un plan d’action

Une fois les risques évalués, il est temps de passer à l’action. Chaque risque prioritaire doit être associé à un responsable et à un plan de mesures correctives avec des délais précis.

Le plan d’action peut inclure la formation du personnel, la mise à jour des procédures, la révision des équipements ou encore l’amélioration des contrôles internes.

La mise à jour régulière de la matrice et de la cartographie demeure indispensable, car les risques changent au rythme des contextes économique, technologique et humain.

Faire de la gestion des risques un levier de performance durable

Identifier et comprendre ses risques, c’est investir dans la stabilité, la confiance et la croissance de son organisation. Une entreprise proactive dans sa gestion des risques est mieux préparée, plus agile et plus résiliente face aux imprévus.

Avec une démarche structurée, des outils éprouvés et l’expertise des conseillers Mallette, vous pouvez transformer la prévention en un véritable atout stratégique, protégeant à la fois vos employés, vos actifs et votre réputation.

Communiquez avec nos experts en gestion des risques dès aujourd’hui pour planifier votre diagnostic de risques et bâtir une organisation plus solide et sécuritaire.