Power BI permet de réunir des données financières, commerciales ou opérationnelles dans des rapports faciles à consulter. Mais lorsqu’un rapport est partagé, la question ne se limite pas à savoir qui peut l’ouvrir : il faut aussi déterminer quelles données chaque personne peut voir, modifier ou exporter.
La sécurité des données Power BI repose sur plusieurs niveaux de protection : les sources de données, les comptes utilisateurs, les espaces de travail, les modèles de données et les règles de partage. Voici comment les configurer de façon cohérente.
La protection commence avant la création du rapport. Vérifiez qui peut accéder à vos bases de données, fichiers et applications, ainsi qu’aux identifiants utilisés pour les connecter à Power BI.
Accordez uniquement les droits nécessaires, protégez les comptes utilisés pour les connexions et réévaluez les accès lorsqu’une personne change de rôle ou quitte l’entreprise. Si les données proviennent d’un serveur local, la passerelle de données locale permet de relier cette source au service Power BI; ses administrateurs et les accès aux sources doivent eux aussi être gérés avec soin.
Une personne qui obtient l’accès au compte d’un utilisateur pourrait consulter les rapports auxquels celui-ci a droit. L’authentification multifacteur (MFA), configurée dans l’environnement d’identité Microsoft de l’organisation, ajoute une protection au-delà du mot de passe.
Elle doit s’accompagner d’une gestion rigoureuse des comptes, notamment lors des arrivées, des changements de poste et des départs. La MFA protège l’accès au compte; elle ne corrige pas des permissions de rapport trop larges.
Power BI prévoit quatre rôles principaux dans un espace de travail : Administrateur, Membre, Contributeur et Visionneuse. Ils n’accordent pas les mêmes capacités de gestion, de modification et de consultation.
Pour une personne qui doit seulement consulter un rapport, privilégiez un accès en lecture adapté à son besoin, plutôt qu’un rôle permettant de modifier le contenu. Gérez les droits par groupes lorsque c’est pertinent et révisez-les périodiquement.
Un point mérite une attention particulière : la sécurité au niveau des lignes ne s’applique pas aux administrateurs, membres ou contributeurs de l’espace de travail. Attribuer un de ces rôles à une personne qui devrait voir seulement une partie des données peut donc rendre votre configuration RLS inefficace pour elle.
La sécurité au niveau des lignes, ou row-level security (RLS), permet de filtrer les lignes d’un modèle de données selon le rôle de l’utilisateur.
Par exemple, un gestionnaire de la région de Québec peut consulter les ventes de sa région, tandis qu’un gestionnaire de Montréal voit celles de Montréal. Les deux utilisent le même rapport, mais n’accèdent pas aux mêmes enregistrements.
La RLS doit être définie dans le modèle, attribuée aux utilisateurs concernés et testée avec les rôles réels, notamment le rôle Visionneuse. Si certaines colonnes sensibles doivent aussi être masquées, il faut examiner les contrôles adaptés à ce besoin; filtrer des lignes ne règle pas à lui seul la visibilité de toutes les informations.
Un rapport correctement configuré peut tout de même exposer des données si son partage est trop large. Vérifiez à qui les liens donnent accès, quelles permissions accompagnent le contenu et si le partage avec des personnes externes est autorisé.
Portez aussi attention aux exportations vers Excel, PDF ou PowerPoint. Selon les paramètres et les droits accordés, les données peuvent quitter l’environnement du rapport. Microsoft prévoit des paramètres d’administration pour encadrer le partage et l’exportation, ainsi que des étiquettes de confidentialité pour protéger certains contenus et fichiers exportés.
Enfin, ne confondez pas le partage sécurisé avec l’option « Publier sur le web » : celle-ci sert à rendre un rapport accessible publiquement et ne convient pas à des données internes ou confidentielles.
Pour comparer les méthodes de diffusion, consultez notre article sur le partage des rapports et tableaux de bord Power BI.
La sécurité Power BI demande un suivi. Les journaux d’activité peuvent aider les équipes responsables à examiner certaines opérations effectuées dans l’environnement Power BI, selon les outils et autorisations dont elles disposent.
Prévoyez notamment de vérifier :
les utilisateurs et groupes ayant accès aux espaces de travail;
les permissions accordées aux personnes externes;
les paramètres de partage et d’exportation;
les rôles RLS et leurs résultats lors des tests;
les accès devenus inutiles après un changement de poste.
Cette revue s’inscrit dans une démarche plus large de gouvernance des données, qui précise les responsabilités et les règles de protection de l’information.
Les utilisateurs doivent comprendre la différence entre consulter, partager et exporter un rapport. Une courte formation peut leur montrer comment vérifier les destinataires d’un partage, reconnaître des données sensibles et signaler un accès qui semble inapproprié.
La formation est particulièrement utile lorsque des tableaux de bord de performance sont déployés dans plusieurs équipes et regroupent des informations de différentes sources.
Une bonne configuration permet à chaque personne de consulter les données nécessaires à son travail, tout en limitant l’accès aux informations sensibles. Commencez par revoir les rôles des espaces de travail, tester la RLS et vérifier les règles de partage et d’exportation. Répétez ensuite cet examen à mesure que vos rapports et vos équipes évoluent.
Les spécialistes Power BI de Mallette peuvent vous aider à structurer vos rapports, à définir les accès et à mettre en place des contrôles adaptés à votre organisation.
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Parlez à un expert MalletteLes données dans Power BI sont-elles sécurisées automatiquement?
Power BI comprend des mécanismes de sécurité, mais la protection de vos rapports dépend aussi de votre configuration : accès aux sources, rôles des espaces de travail, partage, RLS et paramètres d’exportation. Il faut les adapter à la sensibilité des données et aux besoins des utilisateurs.
Quelle est la différence entre les permissions d’un espace de travail et la RLS?
Les permissions de l’espace de travail déterminent principalement ce qu’une personne peut faire avec le contenu : le consulter, le modifier ou le gérer. La RLS détermine quelles lignes de données elle peut voir dans le modèle, lorsqu’elle s’applique à son rôle. Elle ne s’applique pas aux administrateurs, membres et contributeurs de l’espace de travail.
Peut-on partager un rapport Power BI avec une personne externe?
Oui, si la configuration de l’organisation l’autorise et si les droits nécessaires sont accordés à cette personne. Avant le partage, vérifiez les données visibles, les possibilités d’exportation et les règles internes applicables aux destinataires externes.
La RLS empêche-t-elle l’exportation des données?
La RLS limite les lignes auxquelles elle donne accès, mais elle ne remplace pas les paramètres d’exportation. Vérifiez séparément quelles options d’exportation sont permises et quelles protections s’appliquent aux fichiers produits.
Est-ce sécuritaire d’utiliser « Publier sur le web » pour un rapport interne?
Non. Cette option est destinée à la diffusion publique. Pour un rapport interne ou confidentiel, utilisez une méthode de partage qui exige l’authentification et respecte les permissions prévues.