Une convention entre actionnaires est un contrat conclu entre les actionnaires d’une société par actions. Elle a pour objectif d’encadrer leurs relations, leurs droits et leurs obligations et d’assurer la pérennité de la société. La convention d’actionnaires n’est pas publique et demeure confidentielle entre les actionnaires. Cependant, les conventions unanimes entre les actionnaires doivent être déclarée au Registraire des entreprises du Québec.
La différence entre les statuts et la convention d’actionnaires repose avant tout sur leur utilité et leur rôle.
Les statuts de la société par action sont des documents publics qui définissent les règles générales de fonctionnement de la société, comme la structure de son capital ou les pouvoirs de ses dirigeants. Ils sont accessibles aux tiers et s’appliquent à la société,
La convention d’actionnaires est un document privé réservé aux actionnaires. Elle permet d’établir des règles sur mesure, adaptées aux besoins spécifiques de la société et de ses associés. Elle offre une grande souplesse et un haut niveau de personnalisation, notamment pour organiser la prise de décision, encadrer les transferts d’actions ou prévoir des mécanismes de résolution des conflits et le décès d’un actionnaire.
En pratique, les statuts posent les fondations juridiques, tandis que la convention d’actionnaires constitue un outil stratégique pour gérer les relations humaines, financières et opérationnelles entre les associés.
Ce type de convention est centré sur les modalités de transfert des actions. Elle encadre les situations où un actionnaire souhaite vendre ses parts, de son vivant ou à la suite d’événements comme un décès. L’objectif est de prévoir à l’avance les mécanismes de rachat afin d’éviter l’incertitude et les négociations improvisées.
Plus complète, cette convention reprend généralement les règles d’achat et de vente d’actions, tout en y ajoutant des dispositions encadrant le comportement des actionnaires. Elle tient compte de leur implication, de leurs responsabilités et de leurs objectifs communs, afin d’assurer une gestion harmonieuse et cohérente de l’entreprise.
La convention unanime va encore plus loin. En plus des éléments prévus dans une convention entre actionnaires classique, elle vise à limiter certains pouvoirs des administrateurs pour les transférer directement aux actionnaires. Elle permet ainsi aux propriétaires de l’entreprise d’exercer un contrôle accru sur la gestion et les décisions stratégiques.
La convention d’actionnaires précise les règles de gouvernance et de prise de décision afin d’éviter toute ambiguïté. Elle définit notamment les majorités requises pour approuver certaines décisions, qu’elles soient courantes ou exceptionnelles.
Les décisions stratégiques comme l’acquisition ou la vente d’actifs importants, l’embauche de dirigeants, l’endettement majeur ou la modification de la structure de l’entreprise peuvent ainsi nécessiter une majorité qualifiée ou l’accord unanime des actionnaires.
Cette section encadre la circulation des actions afin d’éviter l’entrée non désirée de tiers au capital.
Le droit de premier refus donne aux actionnaires existants la priorité pour acheter les actions mises en vente par l’un d’entre eux, aux mêmes conditions que celles offertes par un tiers.
Les clauses de préemption vont dans le même sens et visent à maintenir le contrôle de l’actionnariat au sein du groupe.
La convention peut également prévoir les modalités de sortie volontaire ou forcée, notamment en cas de manquement, de désengagement ou de conflit majeur, afin d’assurer une transition ordonnée et équitable.
Les clauses de rachat permettent de gérer les situations sensibles comme le décès, l’invalidité ou le départ d’un actionnaire. Elles déterminent qui rachète les actions, dans quels délais et selon quelles conditions, afin d’éviter l’incertitude et les tensions.
La convention précise aussi les méthodes d’évaluation des actions. Celles-ci peuvent être basées sur une formule prédéfinie, une évaluation indépendante ou des critères financiers précis. L’objectif est de garantir une valeur juste et connue à l’avance, limitant ainsi les litiges.
Même avec des règles claires, des conflits peuvent survenir. La convention prévoit alors des mécanismes pour les résoudre rapidement et efficacement.
La clause shotgun est l’un des outils les plus connus. Elle permet à un actionnaire de proposer soit d’acheter les actions de l’autre, soit de lui vendre les siennes, à un prix donné. Cette mécanique incite à formuler une offre équitable et permet de débloquer des situations de blocage.
La convention peut également prévoir des processus de médiation ou d’arbitrage, favorisant une résolution structurée des différends sans passer immédiatement par les tribunaux.
Les clauses de non-concurrence et de non-sollicitation visent à protéger les actifs clés de l’entreprise. Elles empêchent un actionnaire sortant de concurrencer directement la société ou de solliciter ses clients, fournisseurs ou employés pendant une période déterminée.
Ces clauses contribuent à préserver la valeur de l’entreprise, ses relations d’affaires et son savoir-faire, tout en assurant une sortie plus sécurisée et encadrée pour les actionnaires concernés.
En l’absence de convention entre actionnaires, le décès d’un associé peut avoir des conséquences importantes pour l’entreprise. Les actions du défunt sont généralement transmises à ses héritiers, conformément aux règles successorales. Ces derniers deviennent alors actionnaires, même s’ils n’ont aucune implication dans l’entreprise ni connaissance de son fonctionnement.
Cette situation peut entraîner un blocage opérationnel. En effet, les héritiers peuvent avoir des objectifs différents de ceux des actionnaires en place, souhaiter vendre rapidement leurs parts ou intervenir dans la gestion. Sans mécanisme prévu pour racheter les actions ou encadrer leur rôle, l’entreprise peut se retrouver dans une impasse, au moment même où la stabilité est essentielle.
Les mésententes entre associés font partie des risques les plus courants dans une PME. Sans convention d’actionnaires, il n’existe souvent aucun mécanisme formel pour trancher un désaccord stratégique, résoudre un conflit ou organiser la sortie d’un actionnaire.
Cette absence de règles peut conduire à des décisions paralysées, notamment lorsque les actionnaires détiennent des parts égales ou que l’un d’eux bloque volontairement certaines orientations. À terme, ces blocages nuisent à la performance, à la crédibilité de l’entreprise et peuvent compromettre sa pérennité.
Chez Mallette, nous accompagnons les entreprises dans la mise en place et l’évolution de conventions d’actionnaires adaptées à leur réalité. Notre objectif est de vous aider à anticiper les imprévus, réduire les risques de conflits et assurer la continuité de l’entreprise à long terme.
Nos experts prennent le temps de comprendre les besoins spécifiques de chaque organisation afin de proposer une convention claire, complète et alignée sur ses enjeux d’affaires. Nous demeurons présents tout au long de la vie de l’entreprise pour mettre à jour la convention lors de changements importants, tout en conseillant nos clients sur les meilleures pratiques et leurs obligations légales, afin d’assurer la conformité et la tranquillité d’esprit.
Une convention entre actionnaires est-elle obligatoire au Québec?
Non, une convention entre actionnaires n’est pas obligatoire au Québec. Toutefois, en l’absence de convention, seules les règles minimales prévues par la loi et les statuts de la société s’appliquent. Cela peut entraîner des situations de blocage ou de conflits importants, notamment dans les PME où les actionnaires sont aussi impliqués dans la gestion de l’entreprise.
Quand faut-il rédiger une convention entre actionnaires?
Idéalement, une convention entre actionnaires devrait être rédigée dès la création de l’entreprise ou à l’entrée d’un nouvel actionnaire. Elle peut aussi être mise en place à tout moment lorsque l’entreprise évolue, par exemple lors d’une croissance rapide, d’un changement de rôle entre associés ou d’un projet de relève.
Que se passe-t-il en cas de décès d’un actionnaire sans convention?
Sans convention entre actionnaires, les actions du défunt sont généralement transmises à ses héritiers. Ceux-ci deviennent alors actionnaires, même s’ils ne sont pas impliqués dans l’entreprise. Cette situation peut créer des tensions, des blocages décisionnels ou des conflits, notamment si les héritiers souhaitent vendre leurs parts ou intervenir dans la gestion.
Peut-on modifier une convention d’actionnaires en cours de route?
Oui, une convention d’actionnaires peut être modifiée en cours de route, à condition de respecter les règles prévues dans le document lui-même. Dans la majorité des cas, l’accord de tous les actionnaires concernés est requis. Les modifications permettent d’adapter la convention à l’évolution de l’entreprise et des relations entre associés.
Qui doit rédiger une convention entre actionnaires?
La rédaction d’une convention entre actionnaires doit être confiée à un professionnel du droit, comme un avocat ou un notaire. Ce professionnel s’assure que le document est conforme aux lois applicables, cohérent avec les statuts de la société et adapté à la situation spécifique des actionnaires.
Combien coûte une convention entre actionnaires au Québec?
Le coût d’une convention entre actionnaires au Québec varie selon la complexité de l’entreprise et le nombre d’actionnaires. Pour une PME, les honoraires se situent généralement entre quelques milliers de dollars, mais cet investissement reste souvent faible comparé aux coûts et aux risques associés à des conflits non encadrés.