Le mensuel économique de mars 2026

Publié le 17 mars 2026
Actualités économiques

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Entre flambée des prix du pétrole et fragilité du marché du travail

Le récent conflit en Iran a entraîné des perturbations sur les marchés énergétiques, exerçant déjà un choc sur les prix à la pompe. Dans ce contexte, les PME québécoises devront faire preuve de proactivité afin de limiter les impacts sur leurs activités, une gestion rigoureuse des coûts, de la logistique et de la trésorerie s’avérant essentielle en période d’incertitude prolongée.

Par ailleurs, les données les plus récentes indiquent que l’inflation se maintient à l’intérieur de la fourchette cible, un portrait encourageant, mais qui ne reflète toutefois pas encore les pressions potentielles liées aux récents développements géopolitiques. Le marché du travail affiche pour sa part des signes de fragilisation, marqué par un recul de l’emploi et une hausse du chômage, reflet de la prudence accrue des entreprises dans un contexte d’incertitude élevée, alimenté par les tensions géopolitiques, le conflit commercial avec les États‑Unis et les discussions entourant l’ACÉUM.

Avec l’incertitude importante actuelle, la Banque du Canada pourrait vouloir privilégier une approche de statu quo lors de la décision du taux directeur à venir (18 mars), le temps d’obtenir davantage d’informations avant d’orienter sa politique monétaire.

- Alexandra Lareau, conseillère et économiste chez Mallette

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Flambée des prix du pétrole : quels impacts pour les PME du Québec?

Le prix du baril de pétrole ayant franchi le seuil de 100 $ US, enregistrant une hausse de plus de 30 % par rapport au début du mois et de près de 70 % depuis le début de l’année 2026. Cette flambée s’inscrit dans le contexte du conflit en Iran, où l’influence du pays sur le détroit d’Ormuz accroît les risques sur l’approvisionnement pétrolier mondial.

L’Iran représente environ 3 % de la production mondiale de pétrole, tandis qu’environ 20 % de l’approvisionnement mondial transite habituellement par le détroit d’Ormuz, principal corridor d’exportation pour plusieurs membres de l’OPEP+. À la suite des frappes récentes, ce passage maritime est devenu indisponible pour les navires, exacerbant les perturbations de la logistique pétrolière à l’échelle mondiale.

Si les effets de ce choc géopolitique sont déjà perceptibles pour les consommateurs à la pompe, ses impacts dépasseront largement le seul coût de l’essence. Les entreprises d’ici, et plus particulièrement les PME, seront également touchées, tant par une hausse de leurs coûts que par un affaiblissement potentiel de la demande. L’ampleur de ces impacts demeurera toutefois étroitement liée à la durée et à l’intensité du conflit.

Du côté des coûts, les répercussions directes se manifestent par une augmentation des frais de transport et de logistique, une pression particulièrement forte pour les entreprises en région, davantage exposées à la hausse du carburant en raison de distances plus longues et d’une moindre possibilité de mutualisation logistique. À cela s’ajoutent des effets indirects, notamment la hausse des prix des intrants et la renégociation à la hausse des contrats fournisseurs. Par ailleurs, si la montée des prix de l’énergie entretient les pressions inflationnistes, elle pourrait limiter la marge de manœuvre de la Banque du Canada pour abaisser les taux d’intérêt, maintenant ainsi des coûts d’emprunt élevés.

Du côté de la demande, l’incertitude économique persistante, la fragilisation financière des ménages observée en 2025, le conflit commercial avec les États‑Unis et le récent repli de l’emploi renforcent les comportements de prudence, ce qui pourrait peser sur la consommation des ménages.

Dans ce contexte, la proactivité des PME sera déterminante pour limiter les répercussions sur leurs activités. Une attention accrue à la gestion des coûts, à la résilience de la chaîne logistique et à la trésorerie pourrait permettre d’atténuer les pressions à court terme. Toutefois, la durée du conflit demeure la variable centrale pour évaluer l’ampleur et la persistance des impacts sur les PME, et plus largement pour l’économie du Québec.