Le mensuel économique de janvier 2026

Publié le 20 janv. 2026
Actualités économiques

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La défense : un secteur porteur pour les PME québécoises en 2026

L’économie québécoise a connu en 2025 une phase de transition marquée par un ralentissement de la croissance et un rééquilibrage progressif après plusieurs années de forte expansion postpandémique. La consommation des ménages s’est modérée sous l’effet de taux d’intérêt élevés et d’un pouvoir d’achat encore sous pression, tandis que l’investissement privé est demeuré prudent, particulièrement dans la construction résidentielle et non résidentielle. À l’inverse, certains projets structurants liés aux minéraux critiques et à l’industrialisation verte ont continué de soutenir l’activité économique dans plusieurs régions, contribuant à atténuer le ralentissement global.

Sur le plan macroéconomique, l’inflation au Québec et au Canada a poursuivi sa décélération en 2025, se rapprochant graduellement des cibles de la Banque du Canada. À l’échelle internationale, l’année a été caractérisée par une croissance mondiale inégale, une résilience relative de l’économie américaine et la persistance de tensions géopolitiques, renforçant l’incertitude et incitant les économies ouvertes, comme celle du Québec, à demeurer attentives aux chocs externes.

- Miguel Ouellette, directeur principal et économiste chez Mallette

Actualité économique

La défense : un secteur porteur pour le Québec en 2026

Comment les PME québécoises pourront-elles en bénéficier?

Un contexte géopolitique qui redéfinit les priorités en matière de défense nationale

La montée des tensions géopolitiques dans les dernières années, notamment en Europe de l’Est, Indo-Pacifique, Moyen-Orient, et plus récemment au Venezuela et au Groenland, a poussé de nombreux gouvernements à revoir leurs priorités.

Face à cette nouvelle réalité, les pays membres de l’OTAN, dont le Canada, ont convenu de relever les investissements en défense pour atteindre une cible annuelle de 5 % du PIB d’ici 2035, comparativement à la cible historique de 2 %. Ce changement dans les priorités traduit  la volonté commune et croissante des pays à sécuriser leurs capacités militaires et à réduire la dépendance envers les chaînes d’approvisionnement étrangères.

Le développement de l’industrie de la défense devient non seulement un outil stratégique pour la sécurité nationale, mais aussi un catalyseur de croissance économique, générant des effets de ruissellement à travers l’ensemble des branches de l’activité économique, contribuant au développement de capacités industrielles, et  renforçant l’innovation.

Des investissements majeurs du Canada et du Québec

Le gouvernement fédéral a annoncé, dans son budget 2025, vouloir investir une somme de 58,8 G$ sur cinq ans d’ici 2030 afin de rebâtir et réarmer les forces armées canadiennes. Plus précisément, les investissements ciblent :

–L’équipement militaire et les plateformes (terrestres, navales, aériennes)

–L’entretien, la modernisation et le cycle de vie des équipements

–La cybersécurité, l’intelligence artificielle et les technologies duales

En se matérialisant, ces investissements pourront, d’une part, générer des retombées directes pour les écosystèmes industriels partout au pays, et d’autre part, entraîner des effets indirects en dynamisant l’activité des fournisseurs, sous‑traitants et entreprises connexes à travers la chaîne de valeur.

Le Québec est particulièrement bien positionné pour en bénéficier, grâce à son avantage comparatif dans les secteurs de la fabrication avancée, des technologies de pointe et de l’ingénierie, ce qui en fait un acteur clé de la chaîne d’approvisionnement nationale en défense.

Des mesures pour intégrer les PME dans la chaîne d’approvisionnement locale

Afin de convertir ces investissements en un véritable renforcement de la base industrielle de défense canadienne, le gouvernement a mis en place des mesures ciblées pour accroître la présence et la capacité des PME dans la chaîne d’approvisionnement :

Agence fédérale dédiée pour simplifier, centraliser et optimiser les processus d’approvisionnement, facilitant ainsi l’accès des PME aux contrats de défense

Programme de la Banque de développement du Canada, offrant prêts, capital de risque et services‑conseils, tandis qu’Investissement Québec a récemment ajusté ses règles afin de renforcer l’appui public à la production militaire

Initiative régionale d’investissement dans la défense pour accélérer l’intégration des PME et des écosystèmes régionaux dans les chaînes d’approvisionnement et renforcer leur capacité industrielle et d’innovation

Ces mesures visent ainsi à élargir la base des fournisseurs, réduire la concentration autour de quelques acteurs et renforcer la résilience de l’écosystème industriel, tout en stimulant l’émergence de nouvelles capacités stratégiques au sein des PME canadiennes. Pour atteindre ces objectifs, les organisations chargées des mesures s’appuieront sur des
entreprises innovantes, capables de s’intégrer aux chaînes de valeur complexes, et sur des fournisseurs de technologies de niche dont l’expertise est essentielle au développement d’une industrie moderne et compétitive.

Comment les PME québécoises pourront-elles en bénéficier?

Ce contexte représente d’importantes opportunités pour les PME du Québec, notamment pour celles opérant dans les secteurs de la fabrication avancée, de l’ingénierie et du design industriel, des technologies numériques, des capteurs et de la cybersécurité, ainsi que de la logistique, de la formation, de la certification et des services spécialisés. Les PME pourront aussi accéder indirectement aux marchés de la défense à travers les grands donneurs d’ordres publics, ou par l’effet de ruissellement économique, la sous-traitance, l’augmentation des contrats de maintenance et de services et la croissance de la demande de composantes, logiciels et matériaux spécialisés.

Ainsi, cette dynamique de réindustrialisation militaire pourrait générer des effets structurants sur l’économie, grâce à la croissance de revenus plus récurrents, à une montée en sophistication technologique, à la diversification des marchés et à des gains de productivité transférables à d’autres secteurs.