Le calcul des travaux en cours concerne principalement les entreprises de services, notamment les entreprises du domaine de la construction. Dans le cas des entreprises manufacturières, on parle plutôt de produits en cours, qui représentent des biens partiellement fabriqués à la date de clôture.
En comptabilité, les travaux en cours (TEC) permettent de refléter la réalité économique de vos projets, en tenant compte de ce qui est effectivement réalisé, ainsi que du profit à constater au fur et à mesure de l’avancement de ceux-ci, même si ce n’est pas encore facturé. Mal maîtrisés, ils peuvent fausser vos marges, masquer des pertes ou profits et compliquer vos décisions. D’ailleurs, si vous constatez une fluctuation mensuelle de votre marge brute, il y a fort à parier qu’une mauvaise évaluation des travaux en cours peut en être la cause.
Voici comment comprendre, calculer et utiliser les travaux en cours pour mieux piloter votre rentabilité et votre trésorerie.
Les travaux en cours (TEC) représentent la valeur des travaux déjà réalisés sur un projet, mais qui n’ont pas encore été facturés au client. Pour l’entreprise manufacturière, la terminologie utilisée sera plutôt des produits en cours. Dans ce contexte, les stocks de produits en cours se situent entre l’inventaire de matières premières et celui des produits finis. Ils permettent de refléter plus fidèlement la réalité économique de vos activités.
Aussi appelés en anglais WIP (work-in-progress), ils reposent sur un principe clé : rattacher les revenus et les coûts à la bonne période, même si la facturation n’est pas encore effectuée ou encore que le service rendu n’est pas finalisé.
Les travaux en cours apparaissent à l’actif court terme du bilan, car ils représentent une valeur économique pour l’entreprise. De plus, la variation mensuelle apparaît à l’état des résultats sous la rubrique « variation des travaux en cours » ou « travaux en cours – début »/« travaux en cours – fin ». Pour les entreprises de services, les travaux en cours :
Permettent de reconnaître les revenus et profits au fur et à mesure de l’avancement des travaux;
Assurent un meilleur rattachement des charges et des revenus à l’exercice comptable;
Contribuent à une image plus fidèle de la rentabilité réelle des projets.
Sans une bonne gestion des travaux en cours, les états financiers peuvent être faussés et ne pas refléter la performance réelle de l’entreprise.
L’entreprise devrait toujours évaluer les travaux en cours en fonction de l'avancement du projet à leur valeur de facturation. L'avancement du projet peut être déterminé selon :
Les coûts réels vs les coûts budgétés;
Unités réelles sur unités estimées (souvent des heures).
Cette approche permet de mesurer la portion de valeur déjà créée, tout en tenant compte de ce qu’il reste à faire. Elle est particulièrement utile lorsque le projet a un prix fixe, mais que son avancement réel ne correspond pas exactement au rythme de facturation.
Prenons un projet forfaitaire avec les données suivantes :
Coûts budgétés pour le projet : 50 000 $
Prix soumissionné : 60 000 $
Montant facturé à ce jour : 20 000 $
Dépenses engagées à ce jour : 18 000 $
% avancement = 18 000 $/50 000 $ = 36 %
Le calcul est donc :
Revenus reconnus = 60 000 $ x 36 % = 21 600 $
TEC = Revenus reconnus – revenus facturés = 21 600 $ - 20 000 $ = 1 600 $
Les travaux en cours sont inscrits à l’actif à court terme du bilan comptable, car ils représentent une valeur économique déjà créée par l’entreprise.
Ils traduisent un travail réalisé, au juste coût;
Ils correspondent à un revenu à venir ou à une valeur d’inventaire;
Ils permettent d’éviter de sous-estimer les performances.
La logique comptable derrière les travaux en cours pour une entreprise de service est simple : reconnaître les revenus au fur et à mesure de l’avancement, plutôt qu’au moment de la facturation.
Meilleure image de la performance;
Cohérence entre coûts engagés et revenus;
Fiabilité des états financiers.
Une mauvaise gestion des travaux en cours (TEC) peut fausser votre lecture financière et entraîner des conséquences importantes sur vos décisions et votre performance globale.
Si vos travaux en cours sont surévalués, vos états financiers peuvent afficher des profits qui ne reflètent pas la réalité.
Vous pouvez croire qu’un projet (construction d’un immeuble, développement d’un logiciel, etc.) est rentable alors qu’il ne l’est pas réellement.
À l’inverse, une mauvaise évaluation de l’avancement ou de l’estimé pour terminer peut masquer des pertes.
Certains projets déficitaires ne sont détectés que trop tard, lorsque les marges sont déjà impactées.
Des données financières inexactes pour une entreprise de services mènent à de mauvaises décisions :
Fixer des prix inadaptés;
Poursuivre des projets non rentables;
Mal allouer les ressources.
Le décalage entre le travail réalisé et la facturation peut créer des tensions de trésorerie.
Manque de liquidités;
Financement mal anticipé;
Dépendance accrue au crédit.
Le suivi des travaux en cours (TEC) ne se limite pas à un calcul comptable. Pour en tirer une réelle valeur, vous devez suivre des indicateurs clés de performance (KPI) précis.
La marge par projet permet de mesurer la rentabilité réelle de chaque mandat. Elle met en évidence les projets performants et ceux qui génèrent peu ou pas de profit.
Le taux d’avancement compare le travail réalisé au travail total prévu. Il permet de suivre la progression réelle et de détecter les retards ou dérives.
Cet indicateur compare les coûts prévus avec les coûts réellement engagés, pour chaque projet. Un écart important peut signaler un problème de gestion, de planification ou d’exécution.
La rentabilité globale d’un projet intègre l’ensemble des revenus et des coûts. Elle permet de valider si le projet atteint ses objectifs financiers.
Comparer les travaux en cours à la facturation pour une entreprise de services permet de mesurer l’écart entre le travail réalisé et les revenus encaissés.
Des TEC élevés peuvent indiquer un retard de facturation ou un risque de pression sur la trésorerie.
De nombreuses entreprises avancent avec une visibilité limitée : marges difficiles à interpréter, suivi de projets incomplet, écarts entre la réalité opérationnelle et les résultats financiers. Ces situations ne viennent pas d’un manque de performance, mais plutôt d’un suivi insuffisamment structuré et de données peu exploitées.
Chez Mallette, nous vous aidons à remettre de la clarté dans vos projets. En structurant vos processus, en fiabilisant vos analyses financières et en intégrant les bons outils, nous transformons vos données en véritables leviers de performance.
Nos experts vous accompagnent pour structurer vos suivis de projets, analyser avec précision la valeur de vos travaux en cours, améliorer votre rentabilité et sécuriser vos décisions financières.
Vous avez une question ou un projet?
Parlez à un expert MallettePourquoi les travaux en cours sont-ils importants?
Parce qu’une mauvaise évaluation des TEC peut gonfler artificiellement les profits, masquer une perte sur un projet, fausser les décisions de gestion et nuire à la trésorerie.
Où apparaissent les travaux en cours dans les états financiers?
Pour les entreprises de service, selon le degré d'avancement des travaux et le niveau de facturation, les travaux en cours peuvent se présenter comme un actif à court terme ou, lorsqu'ils ont été facturés avant leur réalisation, comme un passif contractuel à court terme. En comptabilité, ils peuvent être enregistrés dans un compte de travaux en cours et compensés par une variation des en-cours.
Quelle est la différence entre la facturation et l’avancement réel?
La facturation n’est pas toujours représentative de l’avancement réel d’un projet2, notamment lorsque les factures sont émises par jalons ou selon des modalités contractuelles. C’est pourquoi le suivi opérationnel doit compléter le suivi comptable.
Pourquoi faut-il recalculer les travaux en cours chaque mois?
Une réévaluation mensuelle permet d’identifier les projets à risque, d’ajuster les ressources, de corriger l’estimé pour terminer, et d’éviter des marges artificiellement surestimées.
Quelles sont les erreurs fréquentes dans la gestion du TEC?
Les erreurs les plus fréquentes des TECS dans une entreprise de services sont :
L’évaluation de l’avancement des travaux non mis à jour;
Une confiance excessive dans la facturation comme mesure d’avancement;
La comptabilisation des travaux en cours en ne tenant compte que des coûts directs, c’est à dire uniquement le coût des matériaux et le taux horaire brut de l’employé, ce qui sous-estime la valeur des travaux en cours et qui, encore une fois, peut créer beaucoup de distorsion dans l’évaluation de la marge brute mensuelle. Une analyse de coût de revient permet, justement, de calculer précisément les taux de main-d’œuvre à utiliser et la proportion des frais généraux à imputer sur le coût des projets.