En comptabilité, les travaux en cours (WIP) permettent de refléter la réalité économique de vos projets, en tenant compte de ce qui est réellement réalisé, même si ce n’est pas encore facturé. Mal maîtrisés, ils peuvent fausser vos marges, masquer des pertes et compliquer vos décisions.
Voici comment comprendre, calculer et utiliser les travaux en cours pour mieux piloter votre rentabilité et votre trésorerie.
Les travaux en cours (WIP) représentent la valeur des travaux déjà réalisés sur un projet, mais qui n’ont pas encore été facturés au client. Ils permettent de refléter plus fidèlement la réalité économique de votre activité.
Aussi appelés TEC (travaux en cours), ils reposent sur un principe clé : rattacher les revenus et les coûts à la bonne période, même si la facturation n’est pas encore effectuée.
Les travaux en cours apparaissent généralement à l’actif du bilan, car ils représentent une valeur économique pour l’entreprise.
Ils permettent de reconnaître les revenus au fur et à mesure de l’avancement des travaux;
Ils assurent un meilleur rattachement des charges et des revenus à l’exercice comptable;
Ils contribuent à une image plus fidèle de la rentabilité réelle des projets.
Sans une bonne gestion des travaux en cours, les états financiers peuvent être faussés et ne pas refléter la performance réelle de l’entreprise.
La méthode de calcul des travaux en cours à utiliser dépend surtout du type de projet : forfaitaire ou facturé à l’heure.
Dans un projet forfaitaire, une formule simple consiste à utiliser :
Budget total du projet – montant facturé à ce jour – estimé pour terminer = travaux en cours
Cette approche permet de mesurer la portion de valeur déjà créée, tout en tenant compte de ce qu’il reste à faire. Elle est particulièrement utile lorsque le projet a un prix fixe, mais que son avancement réel ne correspond pas exactement au rythme de facturation.
Pour un projet facturé au temps passé, le calcul repose généralement sur la valeur du travail réellement effectué :
Heures réalisées × taux facturable – montant facturé = travaux en cours
Ici, l’objectif est de comparer ce qui a déjà été livré en temps et en valeur avec ce qui a réellement été facturé au client.
Cette méthode est souvent utilisée dans les services professionnels, le conseil, l’ingénierie ou les environnements où la facturation dépend directement des heures travaillées.
Prenons un projet forfaitaire avec les données suivantes :
Budget du projet : 50 000 $
Montant facturé à ce jour : 20 000 $
Estimé pour terminer : 15 000 $
Le calcul est donc :
50 000 $ – 20 000 $ – 15 000 $ = 15 000 $
Les travaux en cours s’élèvent donc à 15 000 $.
Autrement dit, cela signifie que l’entreprise a déjà créé pour 15 000 $ de valeur supplémentaire sur le projet, sans encore l’avoir facturée.
Prenons maintenant un exemple simple pour un projet facturé à l’heure :
Heures réalisées : 120 h
Taux facturable : 100 $/h
Montant déjà facturé : 9 000 $
Le calcul est :
120 × 100 $ = 12 000 $
12 000 $ – 9 000 $ = 3 000 $
Les travaux en cours sont ici de 3 000 $.
Cela signifie que 3 000 $ de travail ont déjà été réalisés, mais n’ont pas encore été facturés.
Les travaux en cours sont généralement inscrits à l’actif du bilan comptable, car ils représentent une valeur économique déjà créée par l’entreprise.
Ils traduisent un travail réalisé;
Ils correspondent à un revenu à venir;
Ils permettent d’éviter de sous-estimer les performances.
Pour intégrer les travaux en cours dans les états financiers, on utilise une variation des en-cours.
Si les travaux en cours augmentent → impact positif sur le résultat;
S’ils diminuent → impact négatif sur le résultat.
Cette variation permet d’ajuster le résultat en fonction de l’avancement réel des projets.
En pratique, la comptabilisation passe par des comptes spécifiques :
Compte 335 – Travaux en cours (actif);
Compte 713 – Variation des en-cours (résultat).
Le mécanisme consiste à constater la valeur des travaux réalisés via ces comptes pour ajuster les états financiers.
La logique comptable derrière les travaux en cours est simple : reconnaître les revenus au fur et à mesure de l’avancement, plutôt qu’au moment de la facturation.
Meilleure image de la performance;
Cohérence entre coûts engagés et revenus;
Fiabilité des états financiers.
Une mauvaise gestion des travaux en cours (WIP) peut fausser votre lecture financière et entraîner des conséquences importantes sur vos décisions et votre performance globale.
Si vos travaux en cours sont surévalués, vos états financiers peuvent afficher des profits qui ne reflètent pas la réalité.
Vous pouvez croire qu’un projet est rentable alors qu’il ne l’est pas réellement.
À l’inverse, une mauvaise estimation de l’avancement ou de l’estimé pour terminer peut masquer des pertes.
Certains projets déficitaires ne sont détectés que trop tard, lorsque les marges sont déjà impactées.
Des données financières inexactes mènent à de mauvaises décisions :
Fixer des prix inadaptés;
Poursuivre des projets non rentables;
Mal allouer les ressources.
Le décalage entre le travail réalisé et la facturation peut créer des tensions de trésorerie.
Manque de liquidités;
Financement mal anticipé;
Dépendance accrue au crédit.
Le suivi des travaux en cours (WIP) ne se limite pas à un calcul comptable. Pour en tirer une réelle valeur, vous devez suivre des indicateurs clés (KPI) précis.
La marge par projet permet de mesurer la rentabilité réelle de chaque mandat. Elle met en évidence les projets performants et ceux qui génèrent peu ou pas de profit.
Le taux d’avancement compare le travail réalisé au travail total prévu. Il permet de suivre la progression réelle et de détecter les retards ou dérives.
Cet indicateur compare les coûts prévus avec les coûts réellement engagés. Un écart important peut signaler un problème de gestion, de planification ou d’exécution.
La rentabilité globale d’un projet intègre l’ensemble des revenus et des coûts. Elle permet de valider si le projet atteint ses objectifs financiers.
Comparer les travaux en cours à la facturation permet de mesurer l’écart entre le travail réalisé et les revenus encaissés.
Un WIP élevé peut indiquer un retard de facturation ou un risque de pression sur la trésorerie.
De nombreuses entreprises avancent avec une visibilité limitée : marges difficiles à interpréter, suivi de projets incomplet, écarts entre la réalité opérationnelle et les résultats financiers. Ces situations ne viennent pas d’un manque de performance, mais plutôt d’un suivi insuffisamment structuré et de données peu exploitées.
Chez Mallette, nous vous aidons à remettre de la clarté dans vos projets. En structurant vos processus, en fiabilisant vos analyses financières et en intégrant les bons outils, nous transformons vos données en véritables leviers de performance.
Nos experts vous accompagnent pour structurer vos suivis de projets, améliorer votre rentabilité et sécuriser vos décisions financières.
Vous avez une question ou un projet?
Parlez à un expert MallettePourquoi les travaux en cours sont-ils importants?
Parce qu’une mauvaise évaluation des TEC peut gonfler artificiellement les profits, masquer une perte sur un projet, fausser les décisions de gestion et nuire à la trésorerie.
Où apparaissent les travaux en cours dans les états financiers?
Les travaux en cours apparaissent à l’actif du bilan. En comptabilité, ils peuvent être enregistrés dans un compte de travaux en cours et compensés par une variation des en-cours.
Quelle est la différence entre la facturation et l’avancement réel?
La facturation n’est pas toujours représentative de l’avancement réel d’un projet, notamment lorsque les factures sont émises par jalons ou selon des modalités contractuelles. C’est pourquoi le suivi opérationnel doit compléter le suivi comptable.
Pourquoi faut-il recalculer les travaux en cours chaque mois?
Une réévaluation mensuelle permet d’identifier les projets à risque, d’ajuster les ressources, de corriger l’estimé pour terminer et d’éviter des marges artificiellement surestimées.
Quelles sont les erreurs fréquentes dans la gestion du WIP?
Les erreurs fréquentes incluent un estimé pour terminer non mis à jour, une confiance excessive dans la facturation comme mesure d’avancement, l’utilisation de taux moyens au lieu des taux réels, ou l’absence d’intégration entre opérations et comptabilité.