Motiver et fidéliser ses employés est un enjeu important pour toute entreprise, particulièrement dans un contexte où l’attraction et la rétention des talents sont de plus en plus complexes. Pour y parvenir, les employeurs peuvent mettre en place différents régimes d’intéressement, qu’ils soient monétaires, non monétaires ou liés à la performance de l’organisation.
Un incitatif pour employés est une mesure mise en place par une entreprise pour encourager, reconnaître ou fidéliser ses équipes. Il peut prendre plusieurs formes : une prime, un boni, une récompense, un avantage non monétaire, une initiative de reconnaissance au travail ou encore un mécanisme lié à la performance de l’entreprise.
Contrairement au salaire, qui constitue la rémunération de base versée en échange du travail effectué, l’incitatif vise à créer un effet de motivation supplémentaire. Il peut encourager l’atteinte d’objectifs, souligner une contribution particulière, favoriser la rétention des talents ou renforcer l’engagement des employés envers l’organisation.
Les incitatifs pour employés peuvent prendre plusieurs formes selon les objectifs de l’entreprise, son budget, sa culture interne et les attentes de ses équipes. Certains incitatifs sont simples à mettre en place, comme la reconnaissance ou la flexibilité, tandis que d’autres demandent une structure plus poussée, notamment les bonis, les régimes d’actions fictives ou les options d’achat d’actions.
L’important est de choisir des mesures cohérentes avec votre réalité d’affaires et de les intégrer dans un programme d’incitation clair, équitable et bien communiqué.
Les primes et bonis sont parmi les incitatifs les plus utilisés pour reconnaître la contribution des employés. Ils peuvent être liés à des objectifs individuels, à la performance d’une équipe, à la rentabilité de l’entreprise ou à la réalisation d’un projet important. Ces montants sont alors considérés comme une dépense déductible pour l’employeur et comme un avantage imposable pour l’employé qui le reçoit.
Il est également possible pour l’employeur de verser directement les sommes aux REER ou aux FERR de l’employé. Le montant du bonus REER ne sera pas soumis aux retenues d’impôts et son rendement s’accumulera à l’abri de l’impôt. Les montants seront seulement imposables au moment de leur décaissement du REER ou FERR.
La reconnaissance au travail ne passe pas toujours par une compensation financière. Un remerciement formel, une mention lors d’une réunion, une communication interne ou une reconnaissance entre pairs peuvent avoir un effet important sur la motivation et le sentiment d’appartenance.
Ce type d’incitatif est particulièrement pertinent pour les PME, car il peut être mis en place rapidement et à faible coût. Pour être crédible, la reconnaissance doit toutefois être sincère, régulière et liée à des comportements ou contributions précis.
La flexibilité est un incitatif très apprécié par les employés. Elle peut prendre la forme d’horaires variables, de semaines comprimées, d’une plus grande autonomie dans l’organisation du travail ou d’une meilleure conciliation entre la vie professionnelle et personnelle.
Pour l’entreprise, cet incitatif peut contribuer à améliorer la satisfaction, réduire le stress et favoriser la rétention des talents. Il doit cependant être encadré afin de maintenir la collaboration, la qualité du service et l’équité entre les employés.
Lorsque la nature des postes le permet, le télétravail ou le mode hybride peut devenir un levier important de mobilisation. Il offre plus d’autonomie aux employés et peut améliorer leur qualité de vie, notamment en réduisant les déplacements.
Pour que cette mesure fonctionne, l’entreprise doit clarifier ses attentes : disponibilité, communication, présence au bureau, sécurité des données et suivi de la performance. Le télétravail est plus efficace lorsqu’il s’inscrit dans une politique claire plutôt que dans une approche improvisée.
La formation des employés est un incitatif puissant, car elle répond au besoin d’évolution tout en renforçant les compétences internes de l’entreprise. Elle peut prendre plusieurs formes : formations techniques, accompagnement en gestion, mentorat, conférences, certifications ou perfectionnement professionnel.
Pour les employés, ces initiatives démontrent que l’entreprise investit dans leur avenir. Pour l’organisation, elles contribuent à développer l’expertise, à soutenir la relève et à améliorer la performance à long terme.
Des congés additionnels, des journées personnelles, une journée de congé après un projet exigeant ou une journée de reconnaissance peuvent constituer des incitatifs très appréciés. Ils permettent de reconnaître les efforts tout en favorisant le bien-être des employés.
Ces mesures doivent être bien encadrées pour éviter les inégalités perçues entre les équipes. Elles peuvent être offertes de façon ponctuelle ou intégrées à une politique plus formelle de reconnaissance et de rémunération globale.
Donner à certains employés l’occasion de participer à des projets spéciaux, à des comités internes ou à des initiatives d’amélioration continue peut devenir un incitatif très mobilisateur. Cette approche valorise leur expertise et leur donne un rôle plus actif dans l’évolution de l’entreprise.
Ce type d’incitatif est particulièrement pertinent pour les employés qui recherchent de l’autonomie, des responsabilités supplémentaires ou des occasions de développement. Il peut aussi aider l’entreprise à identifier sa relève et ses talents clés.
Les incitatifs ne doivent pas toujours être individuels. Des récompenses collectives peuvent encourager la collaboration, renforcer la cohésion et éviter une compétition excessive entre employés.
Il peut s’agir d’un boni d’équipe, d’une activité de groupe, d’un repas, d’une journée spéciale ou d’une récompense liée à l’atteinte d’un objectif commun. Cette approche est particulièrement utile lorsque la performance dépend de la contribution de plusieurs personnes ou services.
Un régime d’actions fictives (aussi appelé régime d’actionnariat fantôme), peut être envisagé pour fidéliser des employés stratégiques sans leur transférer de véritables actions de l’entreprise. Ce mécanisme permet généralement de leur accorder une valeur liée à la croissance ou à la performance de l’organisation.
Ainsi, l’employeur décide des conditions permettant à l’employé de recevoir la valeur des unités de participation, par exemple un évènement cible ou un objectif de rendement de l’entreprise, et le montant versé est déterminé par la plus-value de la valeur marchande des actions de l’entreprise pendant une période donnée.
En règle générale, l’employé se verra imposé sur le montant reçu à titre de revenu d’emploi, et l’employeur pourra déduire le montant payé à titre de dépenses d’entreprise. Il s’agit donc d’une façon flexible d’encourager la création de valeur économique par l’employé au sein de l’organisation.
Les options d’achat d’actions permettent à certains employés d’acheter des actions de l’entreprise selon des conditions établies à l’avance. Elles sont souvent utilisées pour attirer, retenir et mobiliser des talents clés, notamment dans les entreprises en croissance.
Lorsque l’employé exerce son option, c’est-à-dire lorsqu’il achète les actions prévues au régime, il peut ensuite conserver ou vendre les actions acquises selon les conditions applicables. En règle générale, il doit alors inclure dans son revenu un avantage imposable correspondant à l’écart entre la valeur des actions au moment de l’exercice et le prix payé.
Certaines règles particulières peuvent toutefois s’appliquer, notamment lorsque les actions sont émises par une société privée sous contrôle canadien. Sous réserve du respect de certaines conditions, l’inclusion de l’avantage imposable pourrait alors être reportée au moment de la disposition des actions. Ce type de mécanisme doit donc être analysé avec soin afin de tenir compte des implications fiscales, financières et juridiques.
Vous avez une question ou un projet?
Parlez à un expert Mallette